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 OHANA Maurice > Biographie   


 

Toutes les œuvres de ce compositeur sur le site www.henry-lemoine.com

Né le 12 Juin 1914 à Casablanca, Maurice Ohana a fait presque toutes ses études musicales en France, tout en poursuivant ses études classiques. Il s’orienta quelque temps vers l’architecture qu’il abandonna pour se consacrer entièrement à la musique.

Très jeune, il débute comme pianiste au Pays Basque où sa famille est fixée ; sa carrière reste prometteuse jusqu’à la guerre qui va l’entraîner loin du monde musical, mais aussi l’y ramener, à Rome où il est l’élève et l’ami d’Alfredo Casella à l’Académie Sainte-Cécile.

Sitôt démobilisé, il se fixe à nouveau à Paris en 1946. C’est, à cette époque, que ses premières œuvres sont connues en France. Il fonde, avec trois amis, le « Groupe Zodiaque », qui se propose de défendre la liberté d’expression contre les esthétiques dictatoriales alors en vogue. Et jusqu’à ce jour, il continue à faire sien le manifeste de ces combats de jeunesse.

Des constantes profondes apparaissent dans son œuvre. Du Llanto por Ignacio Sanchez Mejias (1950), aux œuvres récentes, l’évolution tend vers une rigueur curieusement associée à une grande liberté d’allure, tant dans l’écriture que dans les rapports avec l’interprète. Résolument à l’écart des mouvements dodécaphoniques ou sériels, Ohana n’en a pas moins poursuivi une révolution dans l’élargissement des méthodes et l’exploration du son ainsi que des formes qui en résultent.

Fidèle à ses origines andalouses, tout en élargissant leur essence musicale à des dimensions universelles, Ohana a progressé vers une synthèse où l’on retrouve les recherches et les préoccupations de la musique actuelle. Tout d’abord en ce qui concerne la gamme, qu’il libère du carcan diatonique, du rythme, qu’il tend à affranchir de la barre de mesure, et des techniques vocales qu’il ramène vers leurs vertus originelles, hors de l’emprise du bel canto. Pianiste dès son enfance, il a conservé une prédilection pour cet instrument, mais a aussi contribué à enrichir divers domaines instrumentaux, notamment la percussion, par des ouvrages comme le Silenciaire, les Quatre Etudes, devenues un classique, des pièces pour la nouvelle guitare à dix cordes, ou des œuvres vocales telles que l’Office des Oracles pour 3 groupes vocaux et instrumentaux, Cris pour 12 voix ou Sibylle, pour voix, percussions et bande, qui révèlent un tempérament résolument novateur dans tous les domaines sonores.

A partir de 1976, une série ininterrompue d’œuvres de grande envergure telles que l’Anneau du Tamarit pour violoncelle et orchestre, la Messe, les Trois Contes de l’Honorable Fleur, opéra de chambre, le Livre des Prodiges, pour grand orchestre, les Douze études pour piano , etc... conduisent à cette somme qu’est l’opéra La Célestine créé le 13 Juin 1988 au Palais Garnier avec le succès que l’on sait.

D’autres ouvrages pour chœur et aussi pour orchestre suivront, comme le Concerto pour violoncelle et orchestre créé par M. Rostropovitch et S. Osawa, affirmant une vitalité exceptionelle qui ne semble pas devoir tarir. Le dernier né, Avoaha, pour chœur, 2 pianos et 3 percussions, en témoigne.

Maurice Ohana n’a jamais pratiqué l’enseignement et n’a pas d’élève ; on peut toutefois le situer au centre d’un groupe de jeunes compositeurs venus d’horizons divers dont il suit de longue date les travaux et dont l’orientation, en affinité avec la sienne propre, constitue une confirmation de la validité de ses options originelles. On peut citer parmi eux Félix Ibarrondo, Ton-That Tiêt, Edith Canat de Chizy, Francis Bayer, André Bon, Guy Reibel et Nicolas Zourabichvili de Pelken.

Maurice Ohana a reçu le Prix Italia en 1969, le Prix National de Musique en 1975, le Prix Honegger en 1982, le Prix Musical de la Ville de Paris en 1983, et, en 1985, le Prix Maurice Ravel. En 1991, il fut lauréat du Grand Prix de Musique Guerlain de l’Académie des Beaux-Arts.

En 1992, il reçut le Prix de la SACEM pour la meilleure première exécution 1991.

Il était depuis 1990 Président de l’Académie Internationale Maurice Ravel à St Jean de Luz.

Il était Commandeur des Arts et Lettres et Chevalier de la Légion d’Honneur.

Maurice Ohana est décédé le 13 Novembre 1992 à son domicile parisien.

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